La boîte noire, plongée au cœur de notre pensée visuelle…

 

En formation à la facilitation graphique, j’observe, entre chaque exercice de groupe , comment vous gribouillez, croquez, esquissez vos raisonnements.

Voici un exemple.

Un groupe de 4 prépare la restitution visuelle d’un « diagnostic en marchant » réalisé avec des publics vulnérables. Il s’agit d’expliquer visuellement l’étape du tri des propositions. En effet, toutes les préconisations n’ont pas été retenues. Et c’est dans l’échange autour de cette métaphore visuelle à trouver que j’ai trouvé leur pépite.

 » Franchement, comment on dit qu’on a pas tout gardé de leurs propositions ? »  » on pourrait carrément dessiner un tapis et on mets la poussière dessous?…ou une poubelle tiens! » rires  » En même temps c’est pas très positif, il faut trouver autre chose ».

Je leur propose un entonnoir…simple et efficace. Tout de rentre pas et on donne à voir visuellement la production d’idées et les contraintes. Mais ce qui doit ici nous intéresser le plus, ce n’est pas tant le résultat final. Un entonnoir. Mais bien pourquoi cette étape a suscité autant d’interrogations.

Valoriser nos tâtonnements.

Une poubelle ou mettre la poussière sur le tapis sont deux image qui nous racontent une même chose. Dans des espaces de concertation, il arrive que les participant.e.s ne comprennent pas pourquoi leurs idées n’ont pas été retenues. Un sentiment d’imposture peut  naître et parfois à raison.  » à quoi bon nous demander notre avis si ce qu’on dit ne se retrouve pas dans les préconisations? »

En facilitation graphique, pédagogie visuelle, accompagnement par le dessin l’image choisie n’est jamais là par hasard. Une image doit être connectée au réel, pédagogique et sans détours ni contre-sens. 

La boîte noire, c’est donc se souvenir de ce moment de tâtonnement sur le choix de l’image, sur la teneur du message pour comprendre ce qui se joue vraiment. Ce qu’il est essentiel de transmettre. Ce à côté de quoi il ne faut pas passer. Une boîte de magicien.ne en quelque sorte…

Garder – un peu – vos brouillons.

Dans les ateliers arts plastiques que j’anime je dis toujours  » ne poussez pas trop vos esquisses, après vous allez être déçu.e.s ». Pour autant, les esquisses ont parfois une spontanéité surprenante. Gardez sous le coude vos gribouillages, schémas, storyboard et autres choses griffonnées sur un coin de table…toute cette matière est votre boîte noire. Une fois le dossier bouclé, vous pourrez vous en séparer…